Sur le Web, ces 20 derniers jours

samedi 4 septembre 2010

  • En direct de la manif : sérénade pour Besson par Birkin, Régine...

    Se mobiliser contre la xénophobie au plus haut niveau de l'Etat et la politique « ouvertement raciste » du gouvernement envers les Roms, c'est le mot d'ordre lancé par une cinquantaine d'ONG ce samedi. Des défilés sont prévus dans plus de 130 villes. Une journée de mobilisation à suivre sur Rue89.

    Place de la République, à Paris, au départ de la manifestation contre la xénophobie (Pierre Haski/Rue89)

    en lire plus


  • Rentrée du cinéma français : une crise de foi et un beau plan cul

    L'heure de la rentrée a sonné pour le cinéma français et c'est tant mieux. Xavier Beauvois avec « Des hommes et des Dieux » (sortie cette semaine) et Antony Cordier avec ses « Happy Few » (le 15 septembre) donnent deux excellentes raisons de se rendre dans les salles. D

    D'un côté, l'histoire des moines de Tibhirine et la foi mise à mal. De l'autre, l'embrasement des sens…

    en lire plus


  • "Ce n'est pas les années 30, ça n'est pas rassurant pour autant"

    La Ligue des droits de l'homme est à l'origine de la manifestation de ce samedi derrière le mot d'ordre »Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité ! ».

    Mais Europe écologie, le collectif des Indivisibles ou le PCF mobilisent autour des termes « racisme d'Etat ». Est-ce nouveau ?

    en lire plus


  • Les impostures du bouclier fiscal au crible des Pinçon-Charlot

    Trois princesses à Disneyland (Loren Javier/Flickr)

    La mise en place d'un bouclier fiscal, mesure-phare de la présidence de Nicolas Sarkozy, est devenu un « boulet politique » qu'il va devoir traîner jusqu'à la fin de son mandat.

    Mais ce que démontrent implacablement les sociologues Michel et Monique Pinçon-Charlot, auteurs du « Président des riches », essai dont Rue89 publie les bonnes feuilles, c'est l'incroyable injustice qu'il introduit dans le système fiscal.

    en lire plus


  • Yémen - Disparition forcée de deux journalistes depuis 20 jours

    Cela fait maintenant 20 jours que l'on est sans nouvelles du journaliste Abdul Ilah Haydar Shae et du caricaturiste Kamal Sharaf.

    « Le silence des autorités sur le sort de ces deux journalistes arrêtés par les forces de l'ordre est inadmissible Nous exhortons le président de la République du Yémen, Ali Abdallah Saleh, à faire libérer ces deux professionnels de l'information. Au regard du droit international, ces détentions incommunicado peuvent être qualifiées de disparitions forcées. Par ailleurs, nous sommes particulièrement inquiets d'un regain de violence à l'encontre des journalistes de la part des représentants des forces de l'ordre », a déclaré Reporters sans frontières.

    Employé au sein de l'agence de presse Saba, le journaliste spécialiste du réseau terroriste Al-Qaïda, Abdul Ilah Haydar Shae, a été arrêté par les forces de sécurité yéménites à son domicile le 16 août 2010, au moment de la rupture du jeûne. Après avoir encerclé sa maison, les policiers, lourdement armés et vêtus de gilets pare-balles, ont tiré des coups de sommation, avant de perquisitionner son domicile. Le journaliste a été frappé et insulté avant d'être emmené menotté. L'ensemble de ses documents personnels a été confisqué. Il avait déjà été arrêté le 11 juillet dernier par trois hommes et interrogé pendant six heures par les services de renseignements sur les déclarations qu'il avait faites sur la chaîne Al-Jazeera sur les activités d'Al-Qaïda au Yémen.

    Kamal Sharaf, journaliste pour le site Al-Joumhouriya et caricaturiste pour le site Al-Barakish, a quant à lui été arrêté le 17 août 2010.

    Plus d'informations : http://fr.rsf.org/yemen-arrestations-arbitraires-sur-fond-24-08-2010,38197.html.

    Le 26 août 2010, des soldats ont agressé des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme, devant le bureau du procureur général, alors qu'ils faisaient un sit-in de solidarité avec Abdul Ilah Haydar Shae et Kamal Sharaf. Le journaliste de la chaîne Al-Hurra, Hassan Abd, a été tabassé après qu'il avait refusé de donner sa caméra aux soldats. Ils ont ensuite essayé de l'arrêter. La journaliste Nawal Kabassi a également été violentée lorsque les soldats ont essayé de lui confisquer son téléphone portable, car elle l'utilisait pour prendre des photos.

    Une manifestation de soutien aux deux journalistes arrêtés a été organisée le mercredi 1er septembre par différentes organisations de défense des droits de l'homme devant le siège de la présidence de la République. Les journalistes et militants présents demandaient non seulement la libération des deux journalistes, mais également l'ouverture d'une enquête sur les violences commises par les forces de sécurité au moment de leur arrestation. Au cours du rassemblement, les forces de l'ordre ont interdit aux cameramen d'Al-Jazeera et d'Al-Hurra de filmer l'évènement, les menaçant d'ouvrir le feu. Elles ont procédé à sept interpellations.

    Autres cas de violences contre les journalistes

    Le 31 août 2010, le correspondant du site Al-Sahwa net, Ali Hassan, et les journalistes Abdel Wassi' Rajih et Samir Nimr ont été agressés et insultés par un agent de sécurité du service des postes à Hajjah alors qu'ils étaient venus couvrir une manifestation d'employés des services postaux contre la mauvaise gestion des services. L'agent a sorti son arme de service et l'a pointé sur les journalistes. Il a également tenté de confisquer leur matériel professionnel. Le gouverneur de la province de Hajjah a annoncé l'ouverture d'une enquête.

    Le 22 août dernier, des agents de la police militaire ont agressé physiquement le journaliste Abdel Hafez Mou'jib alors qu'il photographiait une intervention policière devant les locaux de l'organisation caritative Fondation économique, dans la province d'Al-Hudaydah (sud-ouest de la capitale).

    Le 22 août dernier, au moins vingt-cinq journalistes ont été interpellés par l'armée à Harf Sufyan alors qu'ils avaient été invités par des leaders locaux à couvrir une conférence sur la paix à Saada. Conduits à Jebel Aswad, ils ont été relâchés quelques heures plus tard, sur ordre du chef de l'Etat, sans pour autant pouvoir se rendre à Saada pour la conférence.


vendredi 3 septembre 2010

  • Manifestants, révisez l'histoire des valeurs républicaines

    Patrick Weil et Dominique Borne, historiens, remontent aux sources de la République pour éclairer les rassemblements de ce samedi.

    La statue de la place de la République, à Paris, au coucher du soleil en novembre 2006 (Skadge/Flickr)

    en lire plus


  • CRS en arrêt maladie : "Seule la culture du bâton prime"

    Des CRS pendant une manifestation contre le CPE en avril 2006 à Paris (Yves Herman/Reuters)

    48 CRS de l'unité de Carcassonne sont en arrêt maladie depuis mardi parce qu'ils « ne se sentaient [plus] aptes physiquement et moralement » à continuer le travail, selon le communiqué du syndicat Alliance police nationale. Une façon d'exprimer un malaise dans une profession où l'on doit normalement se taire.

    en lire plus


  • Légion d'honneur : comment Woerth a tenté de se défausser

    Le dossier fiscal de Liliane Bettencourt ? « Je ne suis jamais intervenu ! » L'embauche de sa femme auprès de l'héritière de L'Oréal ? « Je ne suis jamais intervenu ! » La remise de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, gestionnaire de la troisième fortune de France ? Eric Woerth a cette fois pris soin de ne jamais marteler ces cinq mêmes mots…

    en lire plus


  • Russie - La police perquisitionne The New Times à Moscou

    Le 2 septembre 2010, des policiers armés et cagoulés - menés par le colonel Stanislav Pachkovski, responsable de la Direction générale des affaires intérieures (GUVD) pour la région de Moscou – sont venus perquisitionner les locaux de la rédaction de l'hebdomadaire indépendant The New Times, à Moscou. Lors de cette fouille de trois heures, le colonel Stanislav Pachkovski a exigé l'obtention de tous les documents relatifs à une interview, parue dans The New Times, en février 2010.

    Il s'agit d'une série d'entretiens avec des agents de l'Omon (unité anti-émeutes de la police, rattachée au ministère de l'Intérieur), publiée dans le cadre de l'article "Esclaves des Omon" du journaliste Ilya Barabanov (lauréat 2010 du prix Peter Mackler). Ces policiers, qualifiés d'"interlocuteurs" dans l'interview, dénonçaient des abus d'autorité et des affaires de corruption au sein de l'Omon.

    Evguénia Albats, rédactrice en chef de l'hebdomadaire, a accepté de remettre le script de l'interview mais s'est refusée à révéler les noms des sources et à fournir les enregistrements audio, qui auraient pu permettre l'identification des agents interviewés. La rédactrice en chef a invoqué l'article 41 de la loi sur les médias, qui protège les sources journalistiques. "Nous ne trahirons pas les personnes qui nous confient des informations", a-t-elle déclaré, en précisant qu'il ne faisait "aucun doute que le but premier de cette opération était d'effrayer les journalistes de The New Times et des autres médias."

    En raison de cette enquête sur l'Omon, The New Times fait l'objet, depuis le mois d'avril, d'une plainte pour "diffamation", déposée par le ministère de l'Intérieur. Le 14 avril 2010, Reporters sans frontières avait dénoncé la tentative de la police moscovite de perquisitionner le journal, après une décision rendue par le tribunal de Tverskoi (Moscou). L'organisation avait rappelé "la nécessité de protéger le secret des sources, pilier du journalisme d'investigation". Plus d'informations sur : http://fr.rsf.org/russie-new-times-novoie-vremia-le-secret-14-04-2010,37009.html

    Reporters sans frontières réitère son soutien au magazine et à toute la rédaction, qui a le courage de mener de véritables investigations journalistiques sur des sujets d'intérêt général, ce qui est l'essence même du journalisme. La protection du secret des sources des journalistes est un élément essentiel de la liberté de la presse, sans laquelle le journalisme d'investigation ne peut exister.

    Reporters sans frontières condamne également les interventions répétées de la Direction générale des affaires intérieures (GUVD) pour la région de Moscou, ayant pour but de forcer des journalistes de Kommersant, Svobodnaïa pressa, Gazeta.ru et Novaïa Gazeta à révéler leurs sources. Voir le communiqué "Enquête sur le saccage d'un bâtiment officiel de Khimki : journalistes interrogés et matériel confisqué."

    La Russie se trouve à la 153e place (sur 175 pays) du classement mondial de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse en 2009.


  • Etats-Unis - Mumia Abu-Jamal : “Je suis un journaliste hors-la-loi”

    Le 29 août 2010, la représentante de Reporters sans frontières à Washington DC, Clothilde Le Coz, a rendu visite à Mumia Abu-Jamal, prisonnier dans le couloir de la mort depuis bientôt trente ans ans. Elle était accompagnée de son avocat, Robert R. Bryan, ainsi que de son assistante juridique, Nicole Bryan. L'entretien s'est tenu dans le parloir numéro 17 de l'Institut correctionnel de Pennsylvanie, à Waynesburg, comté de Greene.

    Reporters sans frontières : En tant que journaliste en prison, sur quoi portent vos dernières observations et enquêtes ?

    Mumia Abu-Jamal : La population carcérale américaine est la plus importante au monde. Cette année, pour la première fois depuis trente-huit ans, elle s'est réduite. Certaines prisons, comme en Californie ou au Michigan, acceptent moins de prisonniers car elles sont surpeuplées. Les budgets des Etats sont restreints et certains détenus sont libérés en raison de la situation économique. Aux États-Unis, les prisons sont vastes et le nombre de prisonniers est immense. C'est impressionnant de voir combien d'argent est dépensé par le gouvernement américain et à quel point nous sommes invisibles. Personne n'est au courant. La plupart des gens ne s'y intéressent pas. Lorsqu'un drame survient en prison, certains journalistes le disent et pensent qu'ils savent de quoi ils parlent. Mais ce n'est pas fidèle à la réalité : c'est du sensationnel. On peut trouver de bons articles mais ils ne reflètent pas ce qui se passe réellement. Ce que j'écris, c'est ce que j'ai vu de mes yeux et ce que l'on m'a dit. C'est véridique.

    Mes articles parlent de la réalité. Ils ont tous essentiellement porté sur le couloir de la mort et la prison. J'aimerais qu'il en soit autrement. Depuis un an et demi, il y a une série de suicides chez les condamnés à mort. J'ai donné des informations en exclusivité sur un suicide car c'est arrivé dans mon bloc. Mais cela reste invisible.

    J'ai besoin d'écrire. Il y a des millions d'histoires à raconter et des personnages exceptionnels ici. Parmi celles que je décide de raconter, je choisis les plus importantes, touchantes, fragiles... Je décide de les écrire, mais je me demande si elles seront utiles. Je dois penser à cela. En tant que journaliste, il y une responsabilité à avoir quand on publie ce genre d'histoires. J'espère qu'elles pourront changer le cours des choses pour ceux dont je parle.

    Pensez-vous qu'être journaliste a joué un rôle dans le cours de votre affaire ?

    Etre “La Voix des sans voix” a joué un rôle considérable. Cette expression vient d'ailleurs du titre d'un article du Philadelphia Inquirer publié après mon arrestation en 1981. Quand j'étais adolescent, j'étais un journaliste radical qui travaillait pour l'édition nationale du journal des Black Panthers. Le FBI surveillait mes publications depuis mes 14 ans. Journaliste a été mon premier métier.

    Je suis beaucoup plus célèbre que d'autres détenus aux États-Unis en raison de ce que j'écris. Si la situation était différente, la cour d'appel fédérale n'aurait peut-être pas créé une loi spéciale qui joue directement sur ma condamnation. La plupart des hommes et des femmes dans le couloir de la mort ne sont pas connus. Le fait que je continue d'écrire est sûrement quelque chose que les juges ont gardé en tête et qui leur a fait changer la loi pour que je ne sois pas jugé à nouveau. Je crois qu'ils pensaient : “Tu es une grande gueule, tu n'auras pas de nouveau procès.” On attend un peu plus d'une cour fédérale. Et maintenant, à cause de mon affaire, une douzaine d'autres peuvent être touchées.

    Que pensez-vous de la couverture médiatique de votre affaire ?

    Un jour, j'ai lu que je n'étais plus dans le couloir de la mort. En lisant cela, j'étais assis ici. Je n'ai jamais quitté ce couloir une seconde.

    Comme je viens du même milieu, beaucoup de journalistes ne voulaient pas couvrir mon affaire de peur d'être pointés du doigt. Ils devaient faire face aux critiques selon lesquelles ils auraient été partiaux et parfois leurs rédacteurs en chef leur interdisaient de la couvrir. Depuis le début de mon affaire, ceux qui étaient les plus à même de la couvrir n'y étaient pas autorisés. La plupart des journalistes avec lesquels je travaillais n'exercent plus. Ils sont à la retraite et personne n'a pris leur suite.

    Mais la presse devrait jouer un rôle dans cette histoire. Des millions de personnes on vu ce qui s'était passé dans la prison d'Abu Ghraïb. Son directeur, qui sourit sur les photos qui ont été publiées, travaillait ici avant d'y être appelé. Dans le couloir de la mort, des individus sans aucun diplôme peuvent décider de la vie ou de la mort d'un détenu. Pour je ne sais quelle raison, ils sont dotés du pouvoir de décider à leur guise si quelqu'un mange ou non. Et personne ne met ce pouvoir en cause. Il y a des règles informelles. Ces individus peuvent faire basculer la vie de quelqu'un vers l'enfer sur un simple geste. Quand je choisis quelles histoires raconter, je ne manque jamais d'inspiration. Pour un écrivain, ce terrain est riche.

    Peu importe ce que disent mes détracteurs, je suis journaliste. Ce pays serait largement pire sans journaliste. Mais pour beaucoup d'entre eux, je suis un journaliste hors-la-loi. Avant la prison, en travaillant pour différentes stations de radio, j'ai rencontré des gens venant de partout et malgré les conflits avec certains rédacteurs en chef, j'exerçais le plus beau métier.

    Le soutien qui vous est témoigné en Europe est différent de celui dont vous bénéficiez aux États-Unis. Comment l'expliquez-vous et pensez-vous que la mobilisation internationale puisse toujours vous aider ?

    Oui, cela reste utile. En ce qui concerne la peine de mort, la mobilisation européenne peut avoir un impact sur les États-Unis. Les pays étrangers, et notamment en Europe, sont empreints d'une histoire particulière s'agissant de la répression. Ils savent au plus profond d'eux ce qu'est être en prison. Ils savent ce que sont la prison, le couloir de la mort et les camps de concentration. Aux États-Unis, peu de personnes ont connu cette expérience. Cela explique comment les différentes cultures appréhendent le monde. En Europe, l'idée de la peine de mort est un anathème.

    Le 11 septembre 2001 a changé beaucoup de choses aux États-Unis. Les opposants au pouvoir ou ceux qui en discutaient la légitimité n'avaient plus de relais. La presse a changé également. Ce qui était acceptable est devenu inadmissible. Je pense que le 11 septembre a modifié les manières de penser dans l'opinion, mais aussi le seuil de tolérance des médias. Par exemple, quand les événements du 11 septembre ont eu lieu à Manhattan et à Washington DC, la prison a été fermée pour toute la journée ici, en Pennsylvanie. Et nous étions totalement isolés.

    Pour obtenir du soutien, il serait sûrement utile d'avoir une photo de vous, aujourd'hui, dans ce couloir de la mort. Qu'en pensez-vous ?

    Avoir une image publique n'aide qu'en partie. L'essence d'une image est la propagande. Les photos ne sont donc pas si importantes. C'est la personnalité qui compte. Et je fais de mon mieux. En 1986, les autorités pénitentiaires ont confisqué les appareils d'enregistrement des journalistes et ils ne pouvaient plus avoir en main qu'un papier et un stylo. Maintenant qu'un article est le seul vecteur pour donner du sens à la situation, son auteur peut en faire un monstre comme un modèle.

    Si la Cour suprême acceptait que vous soyez rejugé, seule votre peine serait revue et non votre condamnation. Comment envisagez-vous le fait de rester en prison à perpétuité si vous n'êtes pas exécuté ?

    En Pennsylvanie, la prison à perpétuité est une exécution à petit feu. Selon la loi de l'État, il existe trois degrés de meurtre. Le premier est puni de prison à perpétuité ou de peine de mort. Les deuxième et troisième degrés de prison à perpétuité. On ne sort pas d'ici. Et dans cette prison, nous avons le taux de condamnation juvénile à perpétuité le plus élevé des États-Unis. Mais j'aimerais souligner qu'à Philadelphie, il y avait deux affaires survenues à la même époque que la mienne dans lesquelles deux personnes ont été poursuivies pour le meurtre d'un policier. La première a été acquittée. La seconde, pourtant filmée par une caméra de surveillance, n'a pas été condamnée a mort.

    Comment arrivez-vous à vous “échapper” d'ici ?

    J'ai écrit sur l'Histoire, l'une de mes passions. J'aimerais beaucoup écrire sur d'autres choses. Mes derniers travaux portent sur la guerre mais j'écris également sur la culture et la musique. J'ai un tempo intérieur que j'essaie de garder à travers la poésie et les percussions. Peu de choses sont comparables au plaisir que j'éprouve à apprendre la musique. C'est comme apprendre une nouvelle langue. Et quel défi d'écrire dans une autre langue ! Une professeur de musique vient ici chaque semaine et m'enseigne. Un tout nouveau monde s'offre à moi et je le cerne un peu plus maintenant. La musique est l'une des plus belles choses que le genre humain ait fait. Le meilleur dans nos vies.

    Pour toute information et offre de soutien à Mumia Abu-Jamal, contacter : Law Offices of Robert R. Bryan 2088 Union Street, Suite 4, San Francisco, CA 94123-4117 http://www.MumiaLegalDefense.org

    Pétition également accessible depuis notre site


  • Honduras - Les radios opposées au coup d'État ne connaissent aucun répit

    Menaces et censure s'intensifient contre la radio éducative locale Radio Uno, connue pour sa prise de position contre le régime depuis le coup d'État du 28 juin 2009. Son signal a même été interrompu à la suite d'un acte de sabotage commis dans la nuit du 30 au 31 août 2010. La station a néanmoins pu reprendre ses programmes, mais sous haute tension. La répression envers Radio Uno, située à San Pedro Sula (Nord), n'a cessé de s'intensifier au cours des derniers mois. Ses studios ont notamment été la cible d'attaques au gaz toxique, entre autres intimidations régulières contre le personnel de sa rédaction.

    A Tegucigalpa, la capitale, deux journalistes de Radio Globo, Carlos Paz et Oswaldo Estrada, ont été agressés, le 27 août dernier, par des policiers, alors qu'ils informaient des brutalités commises par les forces de l'ordre au cours d'une manifestation de professeurs. Les policiers les ont passés à tabac et ont détruit leur matériel.

    Outre ces abus de pouvoirs, des menaces pèsent depuis le mois de juillet sur Mayke Antúnez, autre journaliste de Radio Globo, comme l'a rapporté le Comité pour la défense des droits de l'homme au Honduras (Codeh). Mayke Antúnez attribue l'origine de ces intimidations à une interview de Roberto Micheletti qu'elle a réalisée il y a deux mois. La journaliste avait eu le courage d'interroger l'ancien président de facto, installé après le coup d'État, sur son bilan en matière de droits de l'homme et de libertés publiques.

    Ces violations du droit d'informer témoignent d'un contexte politique toujours aussi désastreux pour la liberté de la presse depuis le coup d'État. A cet égard, nous interprétons comme un très mauvais signal la remise en liberté, bien que conditionnelle, le 31 août, du colonel José Arnulfo Jiménez, l'un des ordonnateurs de la fermeture musclée de la chaîne Canal 36, et des stations Radio Globo et Radio La Catracha à l'époque du coup d'État. Les médias victimes de ces violations ont déclaré qu'ils feraient appel, selon le Comité pour la libre expression (C-Libre).

    Le Honduras compte neuf journalistes tués depuis le 1er janvier 2010, ce qui le maintient, avec le Mexique, au rang de pays le plus dangereux du continent pour la sécurité des professionnels des médias.

    (Photo : Revistazo)


  • Pakistan - Le soutien aux médias et aux journalistes touchés par les inondations s'intensifie

    Alors que des millions de Pakistanais sont toujours durement affectés par les inondations qui ont ravagé un cinquième du territoire, la mobilisation des organisations de journalistes et d'aide aux médias s'intensifie.

    Reporters sans frontières a apporté un soutien financier à trois publications indépendantes - Shamal, Salam et Chand - de la vallée de Swat qui a été l'une des régions les plus touchées. A partir du 29 juillet 2010, l'électricité a été complètement coupée dans la vallée, notamment à Mingora, où sont basés les principaux médias. Alors que la population était en besoin vital d'informations, l'impression n'a pu reprendre que grâce à la mise en place de générateurs consommant beaucoup de carburant, ce qui a induit une forte augmentation des coûts de production des quotidiens. "Maintenir le fonctionnement des presses avec un générateur est cher, mais publier le journal était plus important. Donc nous avons continué notre travail d'information", ont expliqué les directeurs de publication des quotidiens Shamal, Salam et Chand à Reporters sans frontières. "En tant que journaux provinciaux, nous recevons beaucoup moins de publicités que les médias nationaux, alors même que nos coûts de production ont augmenté en août", a expliqué Ghulam Farooq de Shamal. "Reporters sans frontières est la première organisation à nous apporter son soutien", a précisé Qasim Yousafzai de Salam.

    Cette aide rendue possible par l'instrument de développement européen des droits de l'homme (IEDHR) de l'Union européenne, dont Reporters sans frontières est bénéficiaire, a été remise aux directeurs des trois médias à Mingora par un représentant de l'organisation. Voir la vidéo : XXX

    L'importance d'une information indépendante pour les personnes affectées est cruciale en temps de crise. "Vive les médias indépendants !", ont scandé des villageois de la vallée reculée d'Atror, visitée pour la première fois depuis les inondations par des journalistes pakistanais, dont le correspondant de Reporters sans frontières. "Nous avons besoin de votre aide pour faire savoir au monde ce qui nous arrive", a expliqué Muhammad Ayaz, un paysan de 24 ans affecté par les inondations.

    Pour soutenir les actions de Reporters sans frontières en faveur des médias pakistanais, vous pouvez effectuer un don : http://fr.rsf.org/faire-un-don-secu...

    De son côté, la Pakistan Federal Union of Journalists a lancé un fonds spécial pour aider les journalistes victimes des inondations. Détails bancaires du fonds : “Pakistan Federal Union of Journalists (PFUJ) Account No. 25574 National Bank of Pakistan, Corporate Branch, Super Market, Islamabad, Pakistan”.

    Et la BBC Infoasaid a notamment prévu d'envoyer au Pakistan des postes de radio pour aider les réfugiés à obtenir des informations sur la distribution de l'aide. Plus d'informations : http://www.bbc.co.uk/worldservice/t...


  • "Délinquance roumaine" : des chiffres contredisent Hortefeux

    Selon le ministre de l'Intérieur, la délinquance de nationalité roumaine à Paris croît. Pas pour les stats publiques de police et justice.

    Brice Hortefeux visite une aire d'accueil pour les Roms et les gens du voyage, le 30 août (Sébastien Nogier/Reuters)

    en lire plus


  • Avec le numérique, les jeunes Américains boudent la bagnole

    James Dean dans

    Internet a encore frappé ! Aux Etats-Unis, après avoir ravagé l'industrie du disque, la presse écrite et le trafic aérien, voilà qu'on l'accuse d'ôter aux jeunes l'envie d'utiliser une voiture. Car ceux-ci passent de moins en moins leur permis de conduire. Un comble au pays de James Dean !

    en lire plus


  • Chine - Les censeurs recrutent pour contrer le microblogging, les net-citoyens sous pression croissante

    Les rangs des censeurs chinois grossissent à vue d'œil, parallèlement à la multiplication des procédures destinées à mieux contrôler les communications et les données personnelles de la population. Les autorités chinoises ont ordonné aux sites de microblogging de se doter d'un « commissaire d'autodiscipline » chargé d'assurer la censure. Par ailleurs, les personnes désireuses de se procurer des téléphones portables avec cartes SIM prépayées doivent désormais révéler leur identité.

    « Les censeurs chinois se dotent d'un niveau supplémentaire de contrôle. La Grande Muraille Électronique acquiert des renforts humains pour mieux renforcer son efficacité. En raison de l'ampleur des informations qui circulent en ligne et dont ils seront responsables auprès des autorités chinoises, ces commissaires semblent investis d'une mission impossible s'ils sont tenus à des critères stricts de réussite. En revanche, leur simple existence est dangereuse car ils disposent d'une capacité de nuisance. Ce développement pourrait inciter davantage de microblogueurs à l'autocensure. Parallèlement, sous couvert de lutter contre les spams, un nouveau coup est porté aux données personnelles des citoyens chinois qui utilisent des téléphones portables », a déclaré Reporters sans frontières.

    La création de ces « commissaires d'autodiscipline » a été annoncée lors d'une réunion sur le management d'Internet le 27 août 2010. D'après la presse officielle, le premier test d'autocenseurs pour les microblogueurs en Chine a été effectué en janvier 2010 dans la province du Hebei, et ses résultats jugés satisfaisants ont incité les autorités à élargir son application à Pékin, à huit plateformes de microblogging : Sina, Sohu, NetEase, Iphonixe, Hexun, Soufang, 139Mobile et Juyou9911. Ces dernières vont recruter ces commissaires, chargés de surveiller et de censurer tout ce qui pourrait mettre en danger la sécurité du pays et la stabilité de la société. Sont concernées les informations liées à des activités illégales, à la pornographie ou à la violence, ainsi que les rumeurs infondées et les questions politiques sensibles. Chaque commissaire sera rattaché à un site, dont il sera responsable du contenu, tout en conservant son indépendance opérationnelle. Il jouira d'une position indépendante par rapport à l'Association des journalistes de Chine, une organisation officielle. Cette annonce fait suite à une vague de censure lancée à la mi-juillet contre les médias participatifs et en particulier les microblogs, très en vogue chez les internautes chinois. (http://fr.rsf.org/chine-le-microblogging-dans-le-16-07-2010,37970.html).

    Ce n'est pas la première fois que les autorités obligent des médias en ligne à se policer. En août 2007, la Société Internet de Chine (SIC), affiliée au ministère chinois de l'Industrie de l'Information, avait élaboré un "Pacte d'autodiscipline", signé par par plus d'une vingtaine d'entreprises qui hébergent des blogs en Chine, dont Msn.cn, Renmin Wang, Xinlang, Sohu, Wangyi, Tom, Qianlong Wang, Hexun Wang, Boke Tianxia, Tianji Wang, Yahoo.cn, Huasheng Zaixian, Bolianshe, Tengxun. En vertu de ce texte, le gouvernement peut désormais contraindre les entreprises à censurer le contenu des blogs et à identifier les blogueurs jugés « subversifs ».

    En 2002, près de trois cents sites et fournisseurs d'accès à Internet avaient signé le "Pacte d'autodiscipline" promu par l'Association chinoise de l'Internet, s'engageant ainsi à "ne pas produire ni diffuser des documents nuisibles ou des informations susceptibles de mettre la sécurité nationale et la stabilité sociale en péril ; d'enfreindre les lois et les réglementations, de répandre de fausses nouvelles, des superstitions et des obscénités". Le texte prévoyait également la coopération des sites dans la lutte contre la cybercriminalité ou le non-respect des droits de propriété intellectuelle.

    Ce contrôle accru sur les sites de microblogging s'est accompagné d'une nouvelle offensive des autorités contre les serveurs proxies utilisés par les internautes chinois pour contourner la Grande Muraille Électronique. L'accès aux proxies Freegate and Ultrareach, parmi les plus populaires, a été rendu très difficile pendant plusieurs jours à compter du 27 août dernier. Leurs développeurs ont réagi en mettant à disposition des internautes une version actualisée de leurs logiciels, pour répondre à cette nouvelle vague de blocage. Le jeu du chat et de la souris entre censeurs et promoteurs de techniques de contournement continue.

    Parallèlement à leur croisade contre l'anonymat en ligne, http://fr.rsf.org/chine-les-autorites-en-croisade-contre-l-07-05-2010,37411.html, les autorités chinoises renforcent leur emprise sur les communications par téléphones portables. Une nouvelle réglementation entrée en vigueur le 1er septembre oblige désormais les utilisateurs de téléphones portables prépayés à livrer leurs coordonnées détaillées en présentant leur carte d'identité lors de l'achat de cartes SIM. Ceux qui en possèdent déjà disposent d'un délai de trois ans pour s'enregistrer, même si l'on s'attend à ce que peu d'entre eux s'exécutent. D'après le journal Global Times, 800 millions de numéros de téléphone rattachés à des portables sont actuellement utilisés en Chine, parmi lesquels 320 millions acquis de manière anonyme. Les vendeurs de ces cartes, dans les points de presse notamment, seront chargés de collecter des photocopies des pièces d‘identité des acheteurs et d'enregistrer leurs coordonnées dans le système centralisé de collecte des noms d'usagers de téléphonie mobile. Le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'Information justifie cette initiative par la lutte contre les spams et la fraude, un but légitime certes. Mais cette nouvelle règle met potentiellement en danger la protection des données personnelles des utilisateurs. Elle renforce surtout la capacité de surveillance, par les autorités, des appels, SMS et échanges de données, facilitant l'identification des critiques du gouvernement et des individus qui prennent part à des manifestations.

    Par ailleurs, la pression sur les net-citoyens ne se relâche pas. Certains sont même en danger. Le blogueur Fang Zhouzhi, connu pour ses dénonciations de fraudes scientifiques, a déclaré avoir été agressé le 29 août dernier. Selon le récit publié sur son blog New Threads (http://xysblogs.org/xysergroup/archives/7140), ses deux attaquants s'en sont pris à lui alors qu'il venait d'accorder une interview à deux journalistes au sujet de Li Yi, un abbé daoïste qui prétend posséder des pouvoirs surnaturels. Un individu a aspergé Fang Zhouzhi avec un spray mais celui-ci a pu s'échapper. Poursuivi par un second individu qui a lancé un marteau dans sa direction, il a été légèrement blessé dans le bas du dos. Il a contacté la police, qui aurait ouvert une enquête.

    Cette affaire rappelle la tentative d'assassinat dont a été victime en juin dernier un ami de Fang Zhouzhi, le journaliste Fang Xuangchang, qui couvre les sujets liés à la science pour le magazine Caijing. Il s'intéresse aussi de près aux dérives et abus de la science, aux charlatans et aux pratiques douteuses de petites entreprises du secteur de la santé. (http://fr.rsf.org/chine-entreprises-vs-journalistes-la-26-08-2010,38215.html)

    Les autorités chinoises continuent par ailleurs leurs purges dans le Xinjiang. Parmi les condamnés, plusieurs individus auraient pu avoir été inquiétés en raison de leur collaboration avec des sites Internet ouïghours ou basés à l'étranger. On vient ainsi d'apprendre que Mehbube Abrak, une ancienne employée de la Radio du Peuple à Urumqi, a été condamnée en 2008 à trois ans de prison pour incitation au séparatisme (http://www.duihua.org/work/publications/nl/dialogue/nl_txt/nl40/nl40_3a.html) et que Gulmire Imin a été condamnée à la prison à vie en avril 2010 pour avoir « révélé » des secrets d'Etat, « organisé une manifestation » et « séparatisme ». Elle collaborait aussi au site Salkin, dont plusieurs webmasters sont actuellement détenus. Reporters sans frontières enquête sur ces deux cas.

    Quelques bonnes nouvelles suffisamment rares pour être notées : la fondation Dui Hua a annoncé plusieurs libérations et des réductions de peine accordées à des dissidents. Ainsi, des « dissidents du 4 juin », qui avaient pris part aux manifestations de juin 1989 sur la place Tiananmen, ont vu leurs peines écourtées (http://www.duihuanews.org/). Le cyberdissident Li Zhi, un ancien fonctionnaire condamné en décembre 2003 à huit ans de prison pour utilisation « subversive » d'Internet, a ainsi été libéré en novembre dernier, neuf mois avant la fin de sa peine. Il est l'un des net-citoyens condamnés en partie selon des informations sur leurs comptes fournies par Yahoo ! aux autorités chinoises.

    Reporters sans frontières se réjouit de cette libération et demande aux autorités de poursuivre les libérations de journalistes et de blogueurs. Cent six d'entre eux sont encore détenus dans la plus grande prison du monde pour les professionnels des médias et net-citoyens. (Voir la liste : http://en.rsf.org/press-freedom-barometer-journalists-imprisoned.html?annee=2010). Le journaliste Shi Tao, condamné en 2005 à dix ans de prison pour espionnage, et le cyberdissident Wang Xaoping, pour lesquels la responsabilité de Yahoo ! avait également été engagée, sont toujours en prison. Shi Tao a cependant été transféré de la prison de Chishan, située dans la province du Hunan, à la prison de Yinchuan, dans la région autonome de Ningxia Hui, plus proche de sa famille.


  • L'entartage de Gérard Collomb, maire de Lyon

    Lyon Capitale

    En visite au marché du ramadan à Lyon, Gérard Collomb s'attendait sans doute à trouver des pâtisseries orientales, mais c'est une tarte à la crème qu'il aura goûtée.

    en lire plus


  • Inde - Un directeur de publication libéré au Tamil Nadu

    Reporters sans frontières salue la libération sous caution le 3 septembre du directeur de publication A.S. Mani de Naveena Netrikkan. La veille, son avocat avait obtenu cette décision d'un tribunal d'appel du Tamil Nadu. Le journaliste devra rester à Chidambaram, éloigné de 250 kilomètres de Chennai où est publié son journal, pour une période d'un mois.


    17 août 2010

    Le directeur de publication de Netrikkan victime de tortures

    Reporters sans frontières appelle le chef du gouvernement du Tamil Nadu, M. Karunanidhi, à annuler toutes les poursuites contre A.S. Mani, directeur de publication, rédacteur en chef et éditeur du magazine en tamoul Naveena Netrikkan. Suite à la publication d'un article dénonçant une affaire de corruption au sein de la police, le journaliste a été interpellé, le 19 juillet 2010 à Chennai (Tamil Nadu), par des policiers sur ordre de l'officier S.R. Jangid dans le cadre d'une affaire de meurtre montée de toutes pièces. Sa demande de libération sous caution a été rejetée le 10 août.

    A.S. Mani a été victime de tortures physiques et psychologiques. Nous condamnons avec la plus grande fermeté les violences qu'il a subies en détention. L'acharnement des policiers à son encontre est inacceptable et le procès qui lui est intenté s'apparente à une vengeance. Le gouvernement doit sanctionner les responsables de ces crimes contre la presse et libérer le journaliste immédiatement.

    Le directeur de publication a déjà passé un mois en prison en 2009. A sa libération, il avait déclaré à Reporters sans frontières que "la liberté et les droits de la presse sont entravés par des pressions politiques, notamment dans le Tamil Nadu, où la presse n'est pas en mesure de dénoncer les racines des maux de la société".

    Le professeur Krishnaswamy, responsable du Comité de soutien pour la libération d'A.S. Mani, témoigne.

    Cela fait presque un mois que A.S. Mani est détenu, quelles sont ses conditions de détention ?

    A.S. Mani a été placé en détention le 19 juillet 2010, à dix heures et demie. Il a été inhumainement torturé à la station de police d'Egmore (Chennai). Lors de sa première nuit en prison, les policiers l'ont entièrement déshabillé et l'ont battu jusqu'à ce qu'il perde connaissance. Quand A.S. Mani s'est réveillé et a demandé à boire, l'inspecteur de police Chandrasekaran a uriné dans une bouteille et l'a obligé à boire son urine.

    Quelles sont les charges retenues contre A.S. Mani ?

    La police n'a présenté aucun mandat lors de son arrestation. L'équipe de rédaction de Naveena Netrikkan a par ailleurs appris tardivement son arrestation, dans la nuit du 20 juillet. Depuis, il est sous le coup de deux fausses accusations, montées de toutes pièces, dont une tentative de meurtre d'un informateur de la police A.N. Senkottaiyan. Arrêté vers dix heures du matin, ce meurtre qui aurait eu lieu à onze heures le jour de son arrestation ne peut qu'être fictif ! A.S. Mani a également été accusé de tentative d'évasion, pendant la nuit du 20 juillet. Chose aussi impossible, parce qu'il était inconscient, après de violentes tortures. D'autre part, on lui refuse toujours l'accès à un avocat.

    Comment s'est déroulé son procès ?

    Le 20 juillet, à dix heures, un magistrat s'est rendu à la station de police suite à la demande de l'officier S.R. Jangid. Sans voir ni entendre A.S. Mani, le magistrat a ordonné qu'il soit transféré à la prison centrale (Puzhal Chennai). Ensuite, le 22 juillet, il a été traduit devant le même magistrat, de nouveau à la station de police d'Egmore. Le magistrat a cette fois ordonné sa détention, à la station de police, pendant cinq jours. Il faut souligner que ceci est contre la loi. Je voudrais également signaler que le 20 juillet, les proches d'A.S. Mani ont versé une somme de 65 000 roupies à M. Jangid et M.Chandrasekaran, à la demande de ce dernier, en espérant qu'il ne soit plus torturé.

    Quel est son état de santé ?

    Nous ne savons pas grand-chose. Nous savons seulement que notre directeur a vu un médecin une fois, à l'hôpital général de Chromepet. Cela dit, il lui était interdit d'évoquer des tortures auprès du médecin. En donnant un pot-de-vin, la police a en revanche obtenu un certificat du docteur, attestant qu'A.S. Mani allait bien.


jeudi 2 septembre 2010

  • Les internats d'excellence, un coûteux gadget présidentiel

    Sarkozy, ici avec des étudiants, visite la caserne de Sourdun, depuis aménagée en internat (Philippe Wojazer/Reuters).

    Objets scolaires non identifiés, les internats d'excellence sont entourés d'une aura médiatique dont l'importance est inversement proportionnelle à leur poids réel dans le paysage scolaire.

    en lire plus


  • Ma première rentrée littéraire : "On ne trouve pas ton livre"

    Une employée range les rayons du Salon du livre à Paris, le 12 mars 2009 (Philippe Wojazer/Reuters).

    La primo-romancière Natacha Boussaa, auteure du marquant « Il vous faudra nous tuer » (éd. Denoël), raconte à Rue89 sa première rentrée littéraire « inside ». Deuxième épisode.

    en lire plus


  • Gens du voyage : la carte des villes dans l'illégalité

    La moitié des collectivités locales concernées n'ont pas d'aire d'accueil comme la loi le prévoit. Rue89 s'en est procuré la liste.

    en lire plus


  • Banier suggère le financement de Sarkozy par Bettencourt

    Le Monde et Mediapart publient simultanément ce jeudi des extraits de l'audition de François-Marie Banier, l'ami du couple Bettencourt, suite à la saisie de ses notes. Dans ses carnets personnels, l'écrivain retranscrit des conversations avec Liliane Bettencourt au cours lesquelles le nom de Nicolas Sarkozy est cité.

    en lire plus


  • "Aujourd'hui, être prof, c'est se faire trimballer, humilier"

    Baudry sur la rentrée des profs stagiaires.

    Rue89 publiait récemment le témoignage d'un jeune professeur stagiaire qui dénonçait « ce qui est en train de devenir la “formation” des enseignants » suite à la réforme dite de « mastérisation » de l'Education nationale. Beaucoup d'enseignants, riverains de Rue89, ont réagi à son témoignage pour partager leur expérience de la réforme et de ses conséquences.

    en lire plus


  • Autriche : l'extrême droite en campagne lance un jeu anti-islam

    Capture d'écran du site internet Moschee-baba.at.

    (De Vienne) Désormais, la guerre des religions se veut ludique. En Autriche, l'extrême droite a créé un jeu en ligne où l'internaute doit supprimer des minarets en construction dans la ville autrichienne de Graz.

    en lire plus


  • Roms : contre les restrictions à l'embauche, le village d'insertion

    Des enfants roms, du village d'insertion de Montreuil (Caroline Vernaille/Rue89).

    En Ile-de-France, mairies et préfectures se sont associées pour financer six « villages d'insertion » de Roms, à Montreuil et à Aubervilliers. En plus d'un logement, ces structures temporaires aident chaque foyer à décrocher un emploi pour l'un de ses membres

    en lire plus


  • Irak, Bush, Brown : dans ses mémoires, Blair enfonce le clou

    Reuters)" alt="Des exemplaires des "Mémoires" de Tony Blair dans une librairie londonienne, le 1er septembre 2010 (LukeMacGregor/Reuters)" height="312" width="470" class="asset-align-none"/>

    Alcool, sexe, règlements de comptes. Trois ans après avoir quitté le pouvoir, l'ancien premier ministre britannique publie ses mémoires, qui alternent entre ragots et cours magistral. Tony Blair défend son bilan. Il persiste et signe sur l'Irak, tacle son ex-meilleur ami Gordon Brown et ne tarit pas d'éloges sur son successeur conservateur David Cameron.

    en lire plus


  • Turquie - Deux journaux kurdes suspendus pour un mois et une revue saisie

    Reporters sans frontières regrette que des publications kurdes soient, une nouvelle fois, suspendues ou saisies sur la base de la loi antiterroriste n° N°3713 (LAT). La LAT permet à la justice turque de poursuivre et de condamner à de lourdes peines les journalistes des médias kurdes, entretenant ainsi une logique répressive à leur égard. Cette loi, que la Cour constitutionnelle refuse d'annuler ou même de remettre en question, a déjà valu à la Turquie plusieurs condamnations devant la Cour européenne des droits de l'homme.

    Le quotidien Rojev s'est vu réduit au silence pour une période d'un mois, le jour même de la parution du numéro incriminé, le 28 août 2010. En vertu de l'article 6 de la LAT, la 11e chambre de la cour d'assises d'Istanbul a reproché à la direction du journal d'avoir utilisé une photographie d'un poster d'Abdullah Öcalan, leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), ainsi qu'une photographie du drapeau de l'organisation. Le PKK, en lutte armée contre la Turquie depuis 1984, figure sur la liste des organisations terroristes érigée par le gouvernement turc, l'Union européenne, le Canada et les Etats-Unis.

    En vertu de l'article 25 du code de la presse, la 2e chambre du tribunal correctionnel de Mersin (sud de la Turquie) a ordonné la saisie du numéro 53 de la revue trimestrielle culturelle Güney, le 27 août dernier. Le tribunal a estimé que la revue faisait la propagande du PKK, suite à un article intitulé « Les droits des enfants kurdes, la prison », signé par Ali Dagdeviren. L'article critiquait la politique de l'Etat turc concernant le traitement réservé aux enfants kurdes, incarcérés en raison de la LAT, le nom du PKK n'était aucunement mentionné.

    Le 24 août dernier, le seul quotidien kurde du pays, Azadiya Welat, a été suspendu par la 14e chambre de la cour d'assises d'Istanbul, en raison de la parution d'articles, de chroniques et de photographies. La cour n'a ni signalé les titres des articles incriminés ni donné d'indications précises sur les contenus « dérangeants » mais a ordonné la saisie de ce numéro du journal, le jour même.

    Azadiya Welat, cible quotidienne des foudres du pouvoir, qu'il s'agisse de poursuites ou de saisies, est sanctionné pour la huitième fois depuis sa création, en 2006. Reporters sans frontières réitère son soutien aux anciens rédacteurs en chef du journal, Vedat Kursun et Ozan Kilinç, ainsi qu'aux autres journalistes des médias kurdes, emprisonnés et condamnés à de lourdes peines. Le cas de Vedat Kursun, condamné à plus de 166 ans de prison, est emblématique des dérives découlant de la LAT.

    Reporters sans frontières rappelle l'expulsion, le 20 août dernier, du journaliste américain Jake Hess, après neuf jours de détention. « Les autorités turques ont justifié l'expulsion de Jake Hess et son interdiction d'entrée sur le territoire par le fait que son nom apparaissait dans le registre des personnes accusées d'entretenir des liens avec le PKK », a déclaré Serkan Akbas, l'avocat du journaliste.

    En 2009, la Turquie a été condamnée douze fois par la Cour européenne des droits de l'homme pour des affaires de violation de la liberté d'expression. Près de 17% des arrêts rendus par la CEDH depuis 1959 concernent ce pays.


mercredi 1er septembre 2010

  • Le FNJ provoque la mémoire et la famille de Georges Bernanos

    Apprendre, par une « alerte Google », que feu son grand-père a été choisi comme mascotte par l'université d'été du Front national de la jeunesse (FNJ), la branche jeunesse du parti nationaliste, n'est pas forcément une surprise agréable.

    en lire plus


  • L'étrange affaire immobilière de Dord, nouveau trésorier de l'UMP

    A-t-il violé le code électoral ? A-t-il réalisé en 24 heures une plus-value immobilière de 55 000 euros ? Le député répond à Rue89.

    Capture d'écran de la page de présentation de Dominique Dord sur le site de l'Assemblée nationale

    en lire plus


  • Gilbert, agriculteur, malade de Parkinson à cause d'un pesticide

    Gilbert Vendée raconte à Rue89 son long combat pour faire reconnaître le lien entre son intoxication au pesticide Gaucho et la maladie de Parkinson qu'il a contractée par la suite. Un cas unique ?

    en lire plus


  • Somalie - Un journaliste poignardé à mort au Puntland

    Reporters sans frontières exprime sa profonde tristesse après l'assassinat d'Abdullahi Omar Gedi, journaliste de Radio Daljir, le 31 août 2010 à Galkayo, capitale de la région semi-autonome du Puntland. Vers 20 heures, alors que le journaliste revenait du travail, des inconnus l'ont attaqué et poignardé à six reprises au torse et aux jambes avant de s'enfuir avec son téléphone portable. Ce journaliste de 25 ans est décédé lors de son transfert à l'hôpital.

    "Nous condamnons cette agression et la mort de ce jeune journaliste. Pour le moment, aucun mobile n'a été avancé et aucun suspect n'a été arrêté. Nous demandons aux autorités du Puntland de tout mettre en œuvre pour faire la lumière sur cette affaire", a déclaré l'organisation.

    Reporters sans frontières déplore une dégradation des conditions de travail des journalistes au Puntland. Fin 2009, Mohammed Yasin Isak, correspondant de Voice of America dans la région, a rencontré de sérieuses difficultés qui l'ont empêché d'effectuer correctement sa mission d'information. D'abord pris à partie par la police, il a ensuite été blessé par balles lors d'un contrôle à un check-point. Le 14 août dernier, Abdifatah Jama Mire, directeur de Horseed Media FM, a été condamné à six ans de prison pour avoir diffusé un entretien avec un chef rebelle lié à Al-Qaïda. Plus d'informations.

    Abdullahi Omar Gedi est le troisième journaliste à perdre la vie en Somalie depuis le début de l'année 2010. Le 24 août dernier à Mogadiscio, Barkhat Awale, directeur de Radio Hurma, a été victime d'une balle perdue alors qu'il se trouvait sur le toit de sa radio avec un technicien. Plus d'informations. Sheik Nur Mohamed Abkey, journaliste à Radio Mogadiscio, a quant à lui été tué par des hommes armés, le 4 mai 2010, alors qu'il rejoignait son domicile dans la capitale. Plus d'informations.


  • Salvador - Un an après l'assassinat de Christian Poveda, beaucoup de suspects arrêtés mais la vérité reste à établir

    Journaliste, documentariste et témoin engagé, Christian Poveda nous a quittés il y a un an, à l'âge de 54 ans. Son assassinat attribué à des membres de gangs, le 2 septembre 2009 dans la proche banlieue de San Salvador, a fait perdre à la profession l'un des meilleurs connaisseurs de la réalité centre-américaine, trop souvent ignorée de la presse internationale. Christian avait couvert les guerres civiles au Nicaragua et au Salvador dans les années 70-80. Revenu au Salvador durant la décennie 90, il était l'un des rares professionnels à avoir couvert de l'intérieur le phénomène des gangs locaux, en consacrant seize mois de tournage au quotidien de la Mara 18. La Vida Loca, son œuvre majeure tirée de cette expérience, est sortie en France deux semaines après son assassinat.

    Le nom de Christian Poveda figurera sur la nouvelle stèle des journalistes tués en 2009 dans l'exercice de leur métier, dont l'inauguration aura lieu le 7 octobre prochain au Mémorial de Bayeux. La Vida Loca sera, auparavant, projetée au festival Biarritz Amérique latine du 27 septembre au 3 octobre (http://www.festivaldebiarritz.com/).

    L'enquête sur l'assassinat de Christian Poveda a connu d'importants développements au cours de l'année 2010. Suivie de près par le président Mauricio Funes, lui-même journaliste de métier, elle a révélé une réelle volonté politique et judiciaire de s'emparer d'un cas emblématique de la violence qui mine le pays et le classe parmi les plus dangereux du continent.

    L'arrestation en avril dernier du chef de gang Daniel Cabrera Flores alias “El Black”, commanditaire présumé de l'assassinat de Christian Poveda, suivie de celle, un mois plus tard, d'Iván Antonio Leiva, suspect de son exécution directe, portent désormais à 33 le nombre d'inculpés dans cette affaire, deux individus étant toujours recherchés. Alain Mingam, ami proche de la victime et membre du conseil d'administration de Reporters sans frontières, se souvient de cette conversation avec Christian, lucide, peu avant sa mort : “J'ai rendez-vous à La Campanera, avec quatre fous furieux.” Alain Mingam salue les progrès de l'enquête tout en soulignant “la difficulté à établir les responsabilités, à rétablir la vérité des faits devant l'abondance des suspects”.

    Nous partageons cette crainte. Jean-François Julliard, secrétaire général de l'organisation, s'en est fait l'écho en recevant Mme Dina Mendoza-Christophe, ministre-conseiller de l'ambassade du Salvador en France. Reporters sans frontières reste mobilisée pour que justice soit rendue et prévoit une mission dans le pays pour la fin de l'année. Nous sollicitons d'ores et déjà une rencontre avec le président Mauricio Funes à cette occasion.


  • Tunisie - 50e jour de détention pour Fahem Boukadous

    Demain 2 septembre 2010, cela fera 50 jours que le journaliste Fahem Boukadous est détenu à la prison de Gafsa (sud-ouest du pays), et ce malgré une dégradation inquiétante de son état de santé.

    Incarcéré depuis le 15 juillet dernier alors que ses examens de santé étaient encore en cours, Fahem Boukadous a fait deux crises d'asthme aiguës depuis son arrivée à la prison de Gafsa. En outre, il souffre depuis deux semaines d'un abcès dentaire. Détenu dans une cellule collective où la plupart des détenus fument, la santé du journaliste ne cesse de se dégrader. Le suivi médical effectué par les médecins de la prison est réduit au strict minimum.

    Nous demandons sa libération immédiate pour des raisons humanitaires. Au regard des conventions internationales relatives aux droits des prisonniers, nous dénonçons la privation de soins dont est victime Fahem Boukadous. Selon le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la privation de soins médicaux peut constituer une forme de torture ou de traitements cruels, inhumains et dégradants.

    Le 23 juillet, Fahem Boukadous a été victime d'une violente crise d'asthme. Ce sont les autres prisonniers qui ont alerté les gardiens devant la gravité de la situation. Le médecin de l'hôpital régional de Gafsa n'est arrivé que quarante minutes plus tard, trouvant Fahem Boukadous dans un état grave. Il a aussitôt fait part à l'administration de ses préoccupations. Prévenu trop tard, il aurait pu le trouver mort (lire http://fr.rsf.org/tunisie-la-vie-du-journaliste-fahem-28-07-2010,38041.html). Le 26 août dernier, le journaliste a été victime d'une seconde crise d'asthme, au lendemain de son transfert à l'hôpital de Gafsa pour des examens du thorax.

    Dans la nuit du 18 au 19 août 2010, des inconnus ont tenté de pénétrer dans la boutique de la femme du journaliste, Afef Bennaceur, située dans la cité de Sidi Ahmed Zarrouk, à 400 mètres d'un commissariat de Gafsa. En juillet 2008, son commerce avait fait l'objet d'une attaque similaire. Afef a porté plainte. Elle soupçonne la police politique d'être responsable de cette tentative d'effraction.

    Fahem Boukadous a été arrêté le 15 juillet 2010 à l'hôpital Farhat Hached de Sousse. Cette interpellation faisait suite à la confirmation en appel, le 6 juillet 2010, de la condamnation du journaliste à une peine de quatre ans de prison ferme pour avoir couvert, pour la chaîne El Hiwar Ettounsi, les manifestations populaires dans la région minière de Gafsa au printemps 2008. Lire l'historique de l'affaire à http://fr.rsf.org/tunisie-quand-le-monde-tourne-a-l-envers-15-07-2010,37957.html


  • Pakistan - Un journaliste en danger de mort après un reportage retentissant

    Son reportage sur un lynchage collectif a choqué l'opinion publique pakistanaise. Pour ces images, le journaliste Hafiz Muhammad Imran Shehzad vient d'être la cible d'une tentative d'assassinat à Sialkot, province du Pendjab (Nord-Est).

    "J'ai réalisé un reportage exclusif montrant la brutalité qui règne à Sialkot. Mais maintenant, je suis menacé par ceux qui ont été inculpés dans cette affaire. Mes agresseurs viennent de faire ce qu'ils menacent de faire depuis plusieurs jours. (…) Je demande à toutes les organisations qui se battent pour défendre la liberté de la presse qu'elles me protègent contre les personnes qui veulent me tuer pour le reportage que j'ai fait", a déclaré Hafiz Muhammad Imran Shehzad, reporter de la chaîne pakistanaise Dunya TV, à Reporters sans frontières.

    Reporters sans frontières appelle le gouvernement pakistanais, notamment le ministre fédéral de l'Intérieur Rehman Malik, à réagir rapidement et à apporter la protection nécessaire au journaliste. L'organisation appelle également les responsables des chaînes de télévision pakistanaises à réfléchir collectivement à des mesures de sécurité pour leurs reporters qui sont de plus en plus régulièrement les cibles de violences.

    Le 29 août, Hafiz Muhammad Imran Shehzad, âgé de 27 ans, a été attaqué devant son domicile par deux hommes circulant à moto. Blessé, le journaliste a été hospitalisé.

    Le reportage diffusé par Dunya TV montrait le lynchage de deux adolescents par une foule, le 15 août dernier. Les jeunes avaient été accusés de vol, mais le journaliste avait démontré qu'il s'agissait d'une querelle suite à un match de cricket. Le retentissement de l'affaire avait obligé la Cour suprême à s'en saisir en urgence, au vu notamment de la passivité de la police. Dix-sept personnes, dont des officiers de police, ont été inculpés pour meurtre.

    Dans une interview téléphonique accordée à Reporters sans frontières, le journaliste a expliqué avoir des soupçons sur l'implication de policiers locaux dans son agression. Le reportage venait d'être projeté lors d'une audience de la Cour suprême. Dans la foulée, le journaliste a été menacé par un homme sortant d'une voiture de police. Le journaliste a réussi à filmer cet individu, en train de donner de l'argent à des policiers pour tenter d'influencer l'enquête.

    Depuis plusieurs mois, la majorité des affaires de violence contre la presse concernent des journalistes des chaînes de télévision privées, de plus en plus influentes dans le pays. Ainsi, Imran Khan, reporter de Din News TV, Anwar Kamal de Geo News, Zafarullah Banori de ARY One, Ejazul Haq de City-42 TV, Azmat Ali Bangash de Samaa TV, Malik Arif de Samaa TV ou encore Ashiq Ali Mangi de Mehran TVont été les victimes des violences.

    Le gouvernement avait censuré deux des principales chaînes du pays Geo News et ARY One, avant d'être désavoué par la justice : http://fr.rsf.org/pakistan-deux-cha...


  • Jordanie - Le gouvernement recule face aux protestations

    Le gouvernement jordanien a adopté, le 29 août 2010, un amendement à la loi provisoire sur la cybercriminalité du 3 août dernier. Reporters sans frontières se félicite des modifications apportées aux dispositions législatives relatives au délit de diffamation et qui accordaient un pouvoir discrétionnaire au procureur général. Cependant, malgré le retrait des dispositions les plus liberticides, l'organisation continue de demander l'abrogation de la loi, qui conserve en substance un pouvoir de restriction arbitraire, notamment en raison du caractère imprécis de ses articles.

    "La loi sur les sanctions des systèmes d'informations 2010" établit le cadre légal pour les publications en ligne des sites d'informations et détaille les sanctions correspondantes en cas d'infraction. Malgré l'amendement adopté le 29 août dernier, les sanctions demeurent disproportionnées, s'échelonnant d'une amende aux travaux forcés (articles 8, 10 et 11).

    La liberté d'information reste limitée par l'interdiction de publier des informations non disponibles au public et portant sur la sécurité nationale, les relations étrangères du Royaume, la sécurité publique, ou l'économie nationale en vertu de l'article 12. Le journalisme d'investigation fait les frais des restrictions de couverture, les risques d'autocensure sont élevés.

    Les publications à caractère immoral sont toujours visées par les dispositions de l'article 9 de la loi. Or, ce concept extrêmement flou n'est pas défini dans la loi. Aussi un tel article peut entraver la liberté d'expression en incluant des écrits non délictueux.

    Le 29 août dernier, ont été amendés les articles 8 et 13 de la loi. L'article 8 concernant les délits de diffamation ou d'insulte a en effet été retiré. Cet article avait suscité de très nombreuses critiques de la part des journalistes, inquiets d'une possible multiplication des poursuites à leur encontre. L'article 13 a lui aussi été amendé, réduisant le pouvoir discrétionnaire du procureur général. Dans la version initiale, ce dernier pouvait délivrer, à tout fonctionnaire de police, un mandat de perquisition du domicile d'une personne soupçonnée de contrevenir aux dispositions de la présente loi. Désormais la fouille nécessite l'autorisation d'un tribunal et des preuves du délit en question.


  • Wikipédia révèle le secret de "La Souricière" d'Agatha Christie

    La façade du Saint Martin's Theatre à Londres en novembre 2008 (AndyRob/Flickr)

    En partenariat avec<br />
LesInrocks.com

    L'encyclopédie en ligne vient de dévoiler l'identité du meurtrier de « La Souricière », une pièce de théâtre de la romancière britannique Agatha Christie. Cette révélation fait trembler les planches de la scène du Saint Martin's Theatre, le théâtre londonien qui gardait jalousement le secret.

    en lire plus


  • Les agences de crédit à la conso sommées d'être plus pédagos

    « Un crédit doit être remboursé. » Ce message préventif fait place ce mercredi aux expressions publicitaires ambiguës.

    en lire plus


  • En Chine, les cours d'éducation sexuelle prônent la chasteté

    Des étudiants lors de leur cérémonie de remise des diplômes à Pékin, en juillet 2006 (Jason Lee/Reuters)

    Aujourd'hui la Chine(De Pékin) Des cours d'éducation sexuelle vont être donnés pour la première fois dans les établissements scolaires de onze provinces de Chine. Mais au lieu de renseigner simplement les élèves sur la réalité de la vie sexuelle, ces cours, basés sur un livre publié par une organisation chrétienne des Etats-Unis, leur apprendront la chasteté.

    en lire plus


  • Les embarras de Barack Obama à l'heure du retrait d'Irak

    Logo_ecoles_dete_internationales-2011_rue89_4_copie.jpgIl a fait de son mieux, c'est sûr. Il s'applique. Barack Obama est un studieux. Ce n'est donc pas surtout un « peu mieux faire » mais un « rien n'y fait » et un « rien à faire » qu'il faut écrire sur sa copie -son discours du bureau ovale de fin d'engagement militaire en Irak.

    en lire plus


  • Journée d'été UMP : palmiers, sécurité et langue de bois

    Benjamin Lancar, François Fillon et Xavier Bertrand à la Journée d'été de l'UMP (Audrey Cerdan/Rue89)

    C'est dans un drôle de cadre que s'est déroulée la journée d'été de l'UMP : le complexe de loisirs les Pyramides de Port-Marly (Yvelines), entre faux palmiers, piscine et totems en bois (« la salle des trois colonnes », ricane une consoeur, allusion à la salle des quatre colonnes de l'Assemblée nationale).

    Les jeunes et moins jeunes de la majorité y ont planché

    en lire plus


mardi 31 août 2010

  • Hortefeux chiffre la "délinquance roumaine" et crée un précédent

    Brice Hortefeux avec le cardinal André Vingt-Trois, qu'il a reçu place Beauvau mardi (Jacky Naegelen/Reuters)

    Au delà de la confusion délibérée qu'elle établit entre Roms et Roumains, l'annonce du ministre de l'Intérieur d'une augmentation de 259% de la « délinquance roumaine » à Paris révèle l'existence de statistiques par nationalité, jusqu'ici inédites. Et issues des fameux fichiers Stic.

    en lire plus


  • "Top Gun" en Islande : une école privée de combat aérien


    S'entraîner au combat aérien contre un avion de chasse russe ou chinois, c'est ce que va proposer une compagnie privée néerlandaise, qui veut installer une école d'entraînement sur le site de l'ancienne base aérienne géante de Keflavik, en Islande, abandonnée par l'Otan.

    en lire plus


  • Special T., la dosette à thé de Nestlé, très chère et pas écolo

    Special T. machine et dosettes (Nestlé/Flickr).

    Special T., ce n'est pas le mélange improbable entre du thé et les céréales Special K de Kellogg's. C'est la nouvelle trouvaille de Nestlé pour faire la nique à Unilever -propriétaire du thé le plus vendu au monde, Lipton Yellow.

    en lire plus


  • "Je vois une fille, je dis : "Elle s'appelle Truc, elle est vierge""

    Rue89 a fait réagir deux lycéens de Vitry-sur-Seine, garçon et fille, au docu édifiant « La Cité du mâle » annulé in extremis par Arte.

    en lire plus


  • Philippines - Reprise du procès du massacre de Maguindanao : les éclairages d'une avocate et d'une journaliste

    Le procès des suspects du massacre de Maguindanao au cours duquel 32 professionnels des médias ont été tués, doit reprendre le 1er septembre 2010 à Quezon City, près de Manille. Les audiences préliminaires s'étaient conclues le 17 août. Au moins 700 personnes, dont 196 accusés, 200 témoins du ministère public et 300 de la défense seront entendus. Considérant l'ampleur de cette affaire, les procureurs estiment que le procès pourrait durer plusieurs années.

    Le principal suspect est l'ancien maire de Datu Unsay, Andal Ampatuan Jr., qui est accusé de 57 meurtres. D'autres membres de son clan sont dans l'attente du verdict d'une demande de révision de la procédure engagée contre eux, qui a été déposée auprès du ministère de la Justice.

    Ce procès est un test majeur pour l'Etat de droit et la lutte contre l'impunité aux Philippines. Reporters sans frontières recommande :

    1. la mise en œuvre par l'Etat de moyens matériels et humains suffisants pour que le procès des principaux accusés puisse se dérouler dans des délais raisonnables. 2. le renforcement du budget accordé au ministère de la Justice pour la protection des témoins et leurs familles dans cette affaire.

    Afin de mieux cerner les enjeux de ce procès, Reporters sans frontières a interrogé l'avocate Prima Jesusa Quinsayas, représentante des familles de 17 journalistes assassinés à Maguindanao, pour le compte du Freedom Fund for Filipino Journalists (FFFJ).

    Quelle est la stratégie des accusés et de leurs dix-sept avocats ?

    Il y a trois dates annoncées, les 1er, 8 et 15 septembre, qui vont permettre au ministère public de présenter ses arguments.

    Pour ce qui est de la stratégie des suspects, on peut se référer à l'interview de l'avocat Philip Pantojan en janvier 2010 et aux différentes motions qu'ils ont déposées. Il apparaît qu'ils tentent de rejeter la culpabilité sur d'autres personnes, notamment sur Datu Rasul Sangki, le maire adjoint de Ampatuan, qui est également un témoin du procureur.

    Par ailleurs, les avocats des accusés tentent de retarder la procédure et d'embourber l'affaire grâce à plusieurs récusations. En l'occurrence, ils en ont déposé huit depuis le début du procès. Ils ont également eu recours à des "motions auxiliaires" qui ralentissent également le traitement de l'affaire. Enfin, les avocats tentent de ralentir le rythme de la justice en déposant des recours devant d'autres cours. Par exemple, deux recours en certiorari ont été déposés par deux membres de la famille Ampatuan devant des cours d'appel.

    Aujourd'hui, en plus de l'affaire principale, qui inclut des poursuites pour 57 meurtres, il y a plus de 20 autres affaires devant la justice, par exemple à la suite des plaintes de malversation, tentative d'assassinat, possession d'arme interdite ou insulte. L'un des problèmes auxquels nous sommes confrontés est de pouvoir fournir une aide logistique suffisante au ministère public. Il est à noter que le soutien aux familles des journalistes tués a été important, mais celui accordé aux proches des six innocents qui ne faisaient que passer par cette route a été négligé. Quelles sont les demandes des familles que vous représentez ? Pour ce qui est des victimes, les 17 familles de professionnels des médias qui bénéficient de l'assistance légale du FFFJ, demandent que les efforts soient concentrés sur la nécessité de faire condamner les principaux responsables du clan Ampatuan. Il faut éviter de se laisser déconcentrer par des questions annexes.

    Quelle est la situation des témoins ? Existe-t-il des risques pour leur vie ?

    Etant donné le grand nombre de témoins – un total de 228 – cités par le ministère public, il est inévitable que certains soient exposés à des menaces. On peut citer : a. la plainte en diffamation déposée contre le témoin Lakmodin Saliao par l'avocat de la défense Philip Pantojan ; b. une plainte pour meurtre montée de toutes pièces contre le témoin Mohamad Sangki ; c. des attentats contre les propriétés de la famille Sangki dont certains membres sont cités par l'accusation ; d. des menaces de mort à l'encontre de la famille de l'ancien officier de police Badawi Bakal ; e. des tentatives de subornation de témoins pour qu'ils renoncent à venir devant la cour, comme ce fut le cas pour Kenny Dalandag ; f. l'assassinat de Mohammad Isa Sangki, le frère du témoin Mohamad Sangki, et la tentative d'assassinat à l'encontre d'Ibrahim Ebus, le frère du témoin Rainer Ebus.

    De fait, ces menaces persistantes nous obligent à assurer la sécurité des nombreux témoins et de leurs familles. Si on considère qu'une famille compte environ quatre personnes, cela représente plusieurs centaines de personnes qui doivent bénéficier du programme de protection de la justice.

    Quelle aide est apportée par le FFFJ aux familles ? Et quels sont leurs besoins ?

    En plus de l'aide juridique, le FFFJ apporte une assistance humanitaire sous la forme d'un soutien à la scolarisation, à l'accès aux soins et au logement des familles des journalistes assassinés. Et, bien entendu, nous soutenons toutes les familles des journalistes assassinés à Maguindanao.

    Avec le soutien actif de l'instrument de développement européen des droits de l'homme (IEDHR) de l'Union européenne, dont Reporters sans frontières est bénéficiaire, l'organisation a pu venir en aide au FFFJ pour que des témoins puissent être entendus au procès.

    Par ailleurs, l'organisation a interrogé la journaliste philippine Sheila Coronel, actuellement directrice du Centre Stabile pour le journalisme d'investigation de l'Université Columbia à New York, à propos des conditions qui ont rendu possible ce massacre de Maguindanao.

    Pensez-vous qu'il y ait une chance que justice soit rendue dans cette affaire ?

    La magnitude et la nature de ces assassinats ont provoqué un choc dans le monde entier. De nombreuses organisations à l'étranger, notamment le rapporteur spécial des Nations unies, ont condamné ce massacre. Si ces groupes et personnalités sont vigilantes et si l'attention du public sur ce cas est maintenue, alors la justice sera possible. Ce procès peut devenir une opportunité pour agir contre l'impunité. C'est un test pour notre gouvernement.

    Le nombre d'assassinats politiques aux Philippines a diminué récemment. Le gouvernement central a en effet été obligé de répondre à la pression de l'opinion publique philippine et étrangère. Il y a ainsi eu des condamnations d'assassins de journalistes. Pour autant, la situation dans la région où a eu lieu le massacre reste très dangereuse. Le conflit entre les clans armés est ancien, même avant la chute de Marcos et le retour de la démocratie en 1986.

    Quelle doit être la priorité pour la communauté internationale ?

    Maintenant qu'une assistance a été fournie, le défi est de s'assurer que justice soit rendue aux journalistes tués. (…) Pour le long terme, la sécurité ne sera garantie qu'avec la disparition des armées privées des clans des politiciens locaux. Les miliciens doivent pouvoir bénéficier de programmes de réhabilitation. Il est également important de renforcer la société civile dans cette région. Autrement, il n'y aura pas de contrôle sur le pouvoir des clans, et la violence reprendra de plus belle. Dans ce cas, les victimes de ce massacre, comme tant d'autres dans le passé, seront oubliées.

    Plus d'informations sur le massacre de Maguindanao : http://fr.rsf.org/philippines-le-bi...


  • Cameroun - Le journaliste Robert Mintya, emprisonné depuis mars, hospitalisé après une agression

    Reporters sans frontières exprime sa très vive préoccupation pour l'état de santé du journaliste Robert Mintya. Incarcéré depuis le 10 mars 2010 à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé, et agressé dans sa cellule au début du mois d'août, l'ancien directeur de publication de l'hebdomadaire Le Devoir a été admis à l'hôpital. Son pronostic vital est engagé. L'organisation lui fait parvenir une bourse d'assistance.

    "La mort tragique de Bibi Ngota en avril dernier – dans des circonstances qui restent à élucider – n'a donc pas servi de leçon aux autorités. C'est aujourd'hui au tour de Robert Mintya d'être dans un état de santé très critique. Nous appelons une nouvelle fois à la libération de ce journaliste et à celle de son confrère Serge Sabouang. Leur détention provisoire n'a que trop duré", a déclaré l'organisation.

    Le 31 août 2010, le correspondant de Reporters sans frontières au Cameroun va rendre visite à Robert Mintya au service de neurologie et médecine physique de l'hôpital central de Yaoundé, où le journaliste est interné depuis le 25 août. Il va lui remettre une bourse d'assistance de la part de l'organisation pour qu'il puisse consulter un spécialiste et évaluer les soins dont il a besoin. Selon son dossier médical consulté par l'Agence France-Presse (AFP), Robert Mintya nécessite "une hospitalisation dans un centre hospitalier approprié" et n'a pas accès à des soins gratuits.

    JPEG - 690.8 ko
    Le correspondant de Reporters sans frontières au Cameroun remet la bourse d'assistance au journaliste Robert Mintya

    Le journaliste a été agressé dans la nuit 8 août dernier. "J'ai reçu un coup de gourdin sur la tête. Par la suite, j'ai perdu connaissance. (...) J'ai été hospitalisé pendant dix jours à l'infirmerie de la prison avant d'être admis à l'hôpital", a-t-il expliqué à l'AFP.

    Robert Mintya est incarcéré suite à une plainte du secrétaire général de la présidence de la République, Laurent Esso, portant sur un faux document qui aurait été utilisé pour des trafics d'influence. Inculpé pour "faux et usage de faux", le journaliste est accusé d'avoir imité la signature de Laurent Esso, ce qu'il nie.

    Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, des individus proches du secrétaire général de la présidence de la République ont promis à Robert Mintya qu'il serait libéré s'il avouait par écrit avoir été induit en erreur. Le journaliste a adressé de nombreuses correspondances à Laurent Esso, dont certaines ont été publiées par L'Anecdote, un journal très proche du secrétaire général de la Présidence, pour le supplier de lui pardonner la falsification du document incriminé. Ne voyant pas venir sa libération, Robert Mintya a ensuite multiplié les lettres accusant d'autres personnalités de la République d'être derrière cette affaire. Son agression en prison pourrait avoir été commanditée par l'une de ces personnes incriminées.

    Serge Sabouang, directeur de publication du bimensuel La Nation, est détenu dans le cadre de la même affaire. Il va, lui aussi, recevoir une bourse d'assistance de Reporters sans frontières. Le troisième confrère incarcéré en mars, Ngota Ngota Germain, dit Bibi Ngota, directeur de publication de Cameroun Express, est décédé en détention le 22 avril dernier. Plus d'informations.

    Les détenus sont accusés de "coaction de faux en écriture" et risquent jusqu'à vingt ans de prison. L'auteur présumé du faux document, Simon Hervé Nko'o, journaliste à Bebela, demeure introuvable.

    Photo : Robert Mintya (Mutations)


lundi 30 août 2010

  • Irak - Le domicile d'un journaliste attaqué par des policiers

    Le domicile du journaliste Haydar Hassoun Al-Fizaa a été la cible d'une opération de police le 27 août 2010, dans le quartier d'Al-Shaab, à l'est de Bagdad.

    Des hommes armés circulant dans sept voitures du ministère irakien de l'Intérieur ont tiré sur la maison du directeur de l'Agence de presse irakienne, Haydar Hassoun Al-Fizaa. Ils ont ensuite fouillé les lieux, endommageant une partie du mobilier.

    Avec l'aide de ses voisins, le journaliste a pu évacuer sa femme. Grièvement blessée, elle a été transportée d'urgence à l'hôpital. Plusieurs autres membres de sa famille ont également été hospitalisés.

    Selon les déclarations officielles, les forces de sécurité seraient intervenus sur la base d'indications relatives à la présence d'un otage au domicile du journaliste. Ils ignoraient l'identité du propriétaire. Encore selon la police, aucune personne n'aurait été arrêtée, ni aucun coup de feu tiré. Dans les faits, les représentants des forces de police à Bagdad n'ont présenté aucun mandat justifiant légalement leur intervention, ni n'ont formulé aucune excuse à l'égard du journaliste et de sa famille, ni proposé de quelconque dédommagement.

    Entre les déclarations contradictoires des responsables officiels et le caractère illégal de l'intervention, cette opération est pour le moins un manquement à l'Etat de droit. Une enquête impartiale et indépendante doit être menée, afin que tout doute soit levé sur les motifs et les circonstances de l'attaque. Des sanctions doivent être prises à l'encontre des responsables de cette bavure policière.

    Journaliste depuis 1996, Haydar Hassoun Al-Fizaa est l'auteur de nombreux articles. Il dirige l'Agence irakienne de presse depuis 2008.


  • Équateur - Accusation controversée de “terrorisme” contre un journaliste désormais en fuite

    Juan Alcívar Rivas, correspondant pour le quotidien La Hora et la radio Nuevo Sol à La Concordia, est actuellement sous le coup d'un mandat d'arrêt pour “acte terroriste”, délivré le 20 août 2010 par Kléber Samaniego, juge pénal de Quinindé. Le journaliste est en fuite depuis cette date. La police a procédé à une perquisition de son domicile le 27 août.

    Plusieurs points nous semblent troublants dans cette affaire, à commencer par les versions contradictoires données par les témoins. Le désordre lié à la manifestation au cours de laquelle l'événement s'est produit rend difficile l'examen des faits. D'autre part, un mois sépare les faits du mandat d'arrêt délivré contre Juan Alcívar. Ce délai pose question. Si nous souhaitons que Juan Alcívar puisse se défendre dans les formes, nous recommandons, au vu des éléments portés à notre connaissance, que l'accusation d'“acte terroriste” dont il fait l'objet soit requalifiée en l'absence de preuve formelle. Par ailleurs et compte tenu des relations conflictuelles qui opposaient le journaliste à la municipalité de La Concordia, il serait souhaitable que l'instruction du dossier soit confiée à une juridiction d'une autre région.

    Juan Alcívar est accusé d'avoir lancé une bombe lacrymogène en direction du président Rafael Correa, lors de la visite de ce dernier à La Concordia, le 19 juillet dernier. Le chef de l'État était venu soutenir un référendum local relatif au statut de la ville et à sa province de tutelle. La visite avait provoqué la réaction hostile de manifestants liés, selon le gouvernement, au Mouvement populaire démocratique (opposition). La bombe lacrymogène avait explosé au cours de ces affrontements.

    Deux policiers municipaux accusent Juan Alcívar d'avoir lancé la bombe lacrymogène en direction du chef de l'État. Selon La Hora, le journaliste a seulement donné un coup de pied dans la bombe afin de l'éloigner de lui, et non dans l'intention d'attenter à l'intégrité physique du chef de l'État. Un autre témoin, le journaliste Manuel Toro, présent aux côtés de Juan Alcívar, durant ces événements assure que la bombe lacrymogène a été lancée depuis l'extérieur de la salle de conférence où se trouvait Rafael Correa. Elle aurait donc été déviée par le journaliste présent dans l'assistance.

    Juan Alcívar a soutenu, via son journal, que cet ordre de détention relevait d'une tentative d'intimidation à son encontre de la part de Walter Ocampo, maire de La Concordia et issu du mouvement présidentiel Alianza País. L'édile n'apprécierait pas les critiques émises par le journaliste au cours de ses émissions de radio. Juan Alcívar a dit avoir reçu des menaces un mois auparavant, de la part d'inconnus qui ont vandalisé son véhicule avec un message à la peinture : “Tais-toi et fais pas chier le maire !”

    Le journal La Hora a déclaré avoir relevé de ses fonctions le journaliste, tout en continuant de lui verser son salaire, afin qu'il puisse se défendre dans le cadre de cette procédure.

    L'accusation visant Juan Alcívar paraît d'autant plus absurde que le président Rafael Correa lui-même, dans le récit qu'il donne de l'incident, évoque une bombe lacrymogène lancée de l'extérieur de la salle où les manifestants hostiles voulaient s'introduire. Voir les liens vidéos :

    http://www.youtube.com/watch?v=-KYe...

    http://www.youtube.com/watch?v=2QTV...


  • Chine - Deux étudiants tibétains condamnés à la prison pour leur magazine

    Reporters sans frontières déplore la condamnation à deux ans de prison de deux responsables du magazine étudiant tibétain Namchak, Sonam Richen et Sonam Dhondup. Deux autres de leurs collègues sont détenus en attente de leur jugement. Ils se trouvent derrière les barreaux depuis mars dernier.

    Cette nouvelle condamnation intervient dans un climat persistant de répression. Ainsi, le 7 juillet dernier, l'écrivain tibétain Kalsang Tsultrim, connu sous son nom de plume Gyitsang Takmig, a été arrêté à Dzoge dans la province du Sichuan. Selon des proches cités par des sources tibétaines à Dharamsala, sa détention serait liée à son livre Miyul La Phul Ve Sempa (Partager les pensées intérieures de mon cœur) et ses discours enregistrés et distribués sur des VCDs dans lesquels il exprime les préoccupations du peuple tibétain.

    L'absence d'observateurs indépendants au Tibet permet aux autorités chinoises de continuer d'arrêter et de juger, sans aucune forme de procès impartial, des journalistes, écrivains, blogueurs et environnementalistes tibétains. Afin d'écarter les témoins, le gouvernement de Pékin empêche la presse étrangère de travailler librement dans la province himalayenne. Ainsi, selon un récent sondage réalisé par le Foreign Correspondents' Club of China, 98 % de leurs membres interrogés estiment qu'il leur est impossible de couvrir normalement la situation au Tibet en raison des obstructions des autorités. Plus d'informations : http://www.fccchina.org/2010/06/29/...

    Les quatre étudiants tibétains, éditeurs de Namchak, ont été arrêtés le 17 mars 2010 par la police. Ils sont inculpés de séparatisme et d'incitation au séparatisme pour leurs écrits. Sonam Richen (19 ans), Sonam Dhondup (18 ans), Yargay et Darkden sont inscrits à l'Université de Bharkham (province du Sichuan). Selon Kanyak Tsering, moine tibétain en exil, interrogé par Reporters sans frontières, ils auraient publié des commentaires sur la politique chinoise à l'encontre des minorités, notamment les Tibétains.

    Par ailleurs, l'écrivain tibétain Tragyal, connu sous le nom de plume de Shogdung, est incarcéré depuis avril dernier dans des conditions difficiles dans un centre de détention de Xining, province du Qinghai. Sa famille n'a jamais été autorisée à le voir en prison. Et son avocat a alerté sur les lenteurs de la police qui n'a toujours pas transmis le dossier au procureur. Dans un livre intitulé "La ligne entre le ciel et la terre", Tragyal avait prôné la résistance pacifique du peuple tibétain, ce qui lui vaut une accusation d'incitation au séparatisme.

    Avant son arrestation, Tragyal avait déclaré : "Je suis, bien entendu, terrifié à l'idée qu'une fois que cet essai sera publié, je doive endurer les enfers chauds et froids de cette planète. Je risque de perdre ma tête en raison de ma bouche, mais c'est le chemin que j'ai choisi. C'est ma responsabilité."

    Au moins 50 Tibétains ont été arrêtés depuis mars 2008 pour avoir envoyé des informations à l'étranger : http://fr.rsf.org/chine-au-moins-50...


  • République Démocratique du Congo - "Détérioration persistante du climat de travail pour les journalistes" : Lettre ouverte au président Joseph Kabila

    Le 30 août 2010, Reporters sans frontières et Journaliste en danger (JED), son organisation partenaire en République démocratique du Congo, ont écrit au président Joseph Kabila pour dénoncer la détérioration persistante du climat de travail pour les journalistes et la réduction progressive des espaces de liberté et d'expression en RD Congo. Particulièrement inquiètes pour un journaliste, Jullson Eninga, risquant entre 20 ans de prison et la peine de mort pour "trahison", et soucieuses de voir le climat s'améliorer à un an de l'élection présidentielle prévue en 2011, les deux organisations demandent au chef de l'Etat d'engager des réformes profondes et courageuses afin de faire progresser la liberté de la presse en République démocratique du Congo. Voici le texte de la lettre :

    Monsieur Joseph Kabila
    Président de la République
    Kinshasa – République démocratique du Congo

    Paris et Kinshasa, le 30 août 2010

    Monsieur le Président de la République,

    Reporters sans frontières, organisation internationale de défense de la liberté de la presse, et Journaliste en danger (JED), son organisation partenaire en République démocratique du Congo, souhaitent, une fois de plus, attirer votre attention sur la détérioration persistante du climat de travail pour les journalistes, ainsi que sur la réduction progressive des espaces de liberté et d'expression en RD Congo.

    A l'occasion de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance de la République démocratique du Congo, le 30 juin 2010, nos organisations avaient déjà tiré la sonnette d'alarme en revenant sur plusieurs cas d'assassinats de journalistes, sur les menaces et arrestations régulières pesant sur les professionnels de l'information, et enfin sur les difficultés de la presse étrangère à pouvoir travailler convenablement.

    Deux mois plus tard, rien n'a été fait pour que la situation s'améliore. Nos organisations ont même recensé, dans cet intervalle, près d'une dizaine d'attaques délibérées contre des journalistes et contre des médias qui préludent, si on n'y prend garde, à une répression plus grande à l'approche des échéances électorales annoncées.

    A titre illustratif :

    1. Le 17 août 2010, Michel Tshiyoyo, cameraman de la Radio Télévision Amazone (RTA) émettant à Kananga, capitale de la province du Kasaï-Occidental, a été évacué d'urgence sur Kinshasa par la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO). Le journaliste recevait, depuis quelques jours, des menaces de mort par SMS de la part d'individus supposés proches du gouverneur de la province, Trésor Kapuku. Le seul tort du journaliste est d'avoir été un témoin gênant des affrontements ayant opposé, quelques jours auparavant, le gouverneur et ses hommes à la population du village de Lwandanda, à 25 kilomètres de Kananga. Même après son évacuation, le journaliste a déclaré continuer de recevoir des menaces, comme celle provenant du numéro 0812221172 l'avertissant que "l'assassinat est fréquent à Kin" et rappelant le "sort de Chebeya". Faut-il rappeler que c'est le sentiment d'impunité ambiante qui autorise ce genre d'écart et d'outrecuidance ?

    2. Pascal Mulunda, éditeur de l'hebdomadaire privé Le Monitor, vient d'être libéré après avoir passé 24 jours en prison et payé 600 dollars de caution injustifiée. Le journaliste avait été arrêté, le 27 juillet, et placé en détention provisoire à la prison centrale de Kinshasa. Cette mesure faisait suite à une plainte en diffamation déposée par Baudouin Iheta, coordinateur du service public d'assistance et d'encadrement du Small scale mining (Saesscam), qui reprochait au journaliste la publication, le 23 juin dernier, d'un article dans lequel il dénonçait sa mauvaise gestion et le détournement des biens publics. Le 19 août, Pascal Mulunda a bénéficié d'une libération conditionnelle. Son avocat a déclaré que son client devait se présenter chaque mardi et vendredi devant le magistrat et qu'il lui était interdit de quitter la capitale avant la clôture de son dossier.

    Faut-il rappeler également que la RDC reste ce pays où des journalistes sont systématiquement envoyés en prison pour des motifs supposés de diffamation alors que la législation congolaise en la matière ne se soucie même pas de vérifier la véracité ou non des faits allégués ?

    3. Depuis cinq mois, un journaliste, Jullson Eninga, du quotidien Le Journal, est incarcéré au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), sans aucune chance de bénéficier de la présomption d'innocence. Initialement accusé de faire la "propagande de la rébellion", une infraction qui n'existe pas dans la législation congolaise, ce directeur de publication est actuellement jugé par le tribunal de grande instance de Kinshasa pour "trahison" et risque entre 20 ans de prison et la peine de mort. Le parquet lui reproche la publication, au mois de juin 2009, d'un communiqué, tiré du site internet Africatime.com, des rebelles Hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) opérant dans l'est de la RDC.

    Le journaliste clame son innocence en affirmant qu'il s'agissait d'une méprise de son journal pour laquelle il a officiellement demandé pardon aux autorités congolaises. Pourtant, Le Journal reste suspendu depuis une année par le ministre de la Communication, qui a également saisi la justice pour obtenir une double sanction contre le média incriminé. Comment, dans ces conditions, ne pas penser à un acharnement et à une volonté de musellement de la presse indépendante ?

    4. Le 26 juillet 2010, les signaux d'émission de Canal Kin Télévision (CKTV), Canal Congo Télévision (CCTV) et Radio liberté Kinshasa (Ralik), propriétés de M. Jean-Pierre Bemba, ont été coupés. Selon nos informations, un commando armé a fait irruption au milieu de la nuit dans les installations abritant les émetteurs et a ordonné aux techniciens de couper les faisceaux de ces trois chaînes proches de l'opposition. Aucune explication officielle n'a été donnée aux médias qui ont pu reprendre une activité normale deux jours plus tard.

    5. Le 28 juillet dernier, plusieurs militaires ont fait irruption dans les locaux de la radio Moto Oïcha, à Oïcha, dans le territoire de Béni (province du Nord-Kivu), et ont demandé à parler à un animateur. Ce dernier étant absent, les hommes armés s'en sont pris au technicien, qu'ils ont passé à tabac avant de fouiller tout le bâtiment. Inquiet pour sa sécurité, l'animateur vit désormais dans la clandestinité. Quelques jours avant cet incident, le rédacteur en chef de la radio avait reçu des menaces de mort anonymes par téléphone.

    Toutes ces atteintes à la liberté de la presse sont symptomatiques des difficultés pour les journalistes congolais d'exercer leur métier à l'abri des menaces et des risques, que ce soit dans la capitale ou en province, notamment dans l'est du pays.

    Depuis plusieurs années, nous enjoignons votre gouvernement de prendre des dispositions pour offrir davantage de sécurité aux reporters, pour garantir un climat plus favorable à la liberté d'expression, et pour lutter contre l'impunité dans les cas d'assassinats de journalistes. Peu après la mort de Didace Namujimbo, à Bukavu, en novembre 2008, nous vous avions par exemple invité à mettre sur pied une commission judiciaire spéciale chargée de faire la lumière sur les assassinats de journalistes. Cette recommandation est restée sans suite de votre part.

    Il est aujourd'hui plus urgent que jamais que vous engagiez ces réformes profondes et courageuses afin de faire progresser la liberté de la presse en République démocratique du Congo. Cela permettrait à la fois de répondre aux problèmes actuels mais aussi de préparer l'année à venir, sachant qu'à un an de l'élection présidentielle de 2011, les journalistes congolais risquent de faire face à de nouvelles difficultés liées à la campagne électorale.

    Dans l'espoir que vous tiendrez compte de nos requêtes, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre très haute considération.

    Jean-François Julliard, Secrétaire général de Reporters sans frontières

    Donat M'Baya Tshimanga, Président de Journaliste en danger

    Photo : Joseph Kabila (AFP)


dimanche 29 août 2010

  • A Marseille, les moins de 3 ans refoulés de la maternelle

    « Les élèves qui atteindront l'âge de 3 ans durant l'année civile en cours seront placés en liste d'attente et admis par les directeurs en fonction des places restées vacantes après l'accueil des élèves âgés de 3 ans révolus », écrit l'inspecteur de l'académie des Bouches-du-Rhône dans une lettre, datée du 14 juin et adressée aux responsables de circonscription, qui n'avait pas vocation à être rendue publique.

    en lire plus


Filtre

Tous les articles syndiqués

Brèves

29 décembre 2009 - Frédéric Soulié

J’ai découvert dans "Autographes", un recueil au titre explicite paru en 1864, un (...)

14 février 2009 - Jean-Loup Trassard et la critique littéraire

Pour marquer son centième n° le « Matricule des Anges » a demandé à quelques auteurs ce (...)

17 janvier 2009 - La Censure

La revue "Bibliothèque(s) publie un dossier sur la Censure dans son n° de décembre 2008 qui (...)