Jean-Loup Trassard et la critique littéraire

samedi 14 février 2009

Pour marquer son centième n° le « Matricule des Anges » a demandé à quelques auteurs ce qu’ils attendaient de la critique littéraire. Jean-loup Trassard s’y exprime ; « Puisque je supporte allégrement le risque de passer – à tord- pour un flagorneur, je n’entends pas me priver du plaisir de vous dire qu’à mon avis « le Matricule des Anges » fait un travail critique remarquable. Cela posé, n’étant ni professeur qui étudie la littérature, ni journaliste qui rend compte des parutions, je ne me sens guère habilité pour donner des conseils. J’oserai juste avancer trois petits souhaits : 1. que le critique, à propos d’un ouvrage, ne fasse pas comme s’il s’agissait du seul livre de l’auteur, mais se donne la peine de le relier un peu à ce qui a, éventuellement, été publié avant. 2. que le critique, pour son papier, veuille bien trouver des expressions qui lui soient propres et se refuse à rendre l’ambiance du livre en tissant son texte avec les mots mêmes de ce livre, auquel, alors, il n’apporte rien. 3. que le critique essaie, à l’occasion, de remettre un peu les valeurs en place au lieu de laisser la platitude accaparer les rares pages littéraires sous prétexte , que le public en redemande. Il faut savoir si on le suit, ce public, ou si on le précède.

Mais à lire depuis quarante-sept ans une presse qui –j’en suis honoré – me fut toujours favorable, il semble que l’art soit facile et la critique très difficile !



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