Biographie de Jean-Loup TRASSARD

dimanche 1er février 2009
par Jacques
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Jean-Loup Trassard naît le 11 août 1933, à Saint-Hilaire-du-Maine, à trente kilomètres de Mayenne, de l’autre côté de la forêt.
Famille bourgeoise mais rurale. Père "homme d’affaires" souvent absent mais qui s’implique dans la vie du village. Mère qui dessine, peint, brode, essaie les collages... trop souvent malade pour s’adonner vraiment à sa tentation artistique.
Petite enfance assez solitaire, dans l’intimité des plantes, insectes, oiseaux et animaux que lui offrent deux grands jardins.
Ensuite, Jean-Loup Trassard fréquente l’école laïque du village. S’en suivra une longue amitié avec son instituteur.

A neuf ans et demi, il commence à écrire dans un cahier de courtes impressions sur la beauté de la campagne environnante.
A dix ans, s’étant lié d’affection avec l’enfant de la ferme voisine, il entre dans l’univers agricole. Jusqu’à vingt ans, il participera aux travaux et à toutes les récoltes.

En 1945, il perd sa mère. L’attachement à la maison familiale s’en trouve doublé.

Études secondaires au Lycée de Laval pendant huit années. Vers dix-sept ans, premières photographies à orientation artistique avec l’appareil de sa mère disparue. Une passion quand même pour le vélo. Études supérieures à la Faculté de Droit de Paris. Jean-Loup Trassard suit aussi au Musée de l’Homme les cours de préhistoire du Professeur André Leroi-Gourhan.

En 1960, J.L.T. devient Fermier de droits communaux à la suite de ses père et grand-père (entreprise de service auprès des communes pour la perception des droits de place dans les foires et marchés en Bretagne et Normandie). Il assurera la gestion de cette modeste entreprise pendant quarante et un ans.

De 1969 à 2003, J.L.T aura aussi été éleveur de bestiaux dans une petite ferme de sept puis quatorze hectares héritée à la mort de son père en 1968. Il s’y est spécialisé dans les veaux sous la mère de race Maine-Anjou. Le gros du travail étant accompli par un salarié à demeure, J.L.T. a suivi de près cette entreprise agricole, mettant de temps à autres, toujours avec plaisir, la main à la pâte.

J.L.T. a eu un fils en 1957, une fille en 1968. Il a maintenant des petits-enfants.
Il vit encore une longue partie de l’année dans la maison qui l’a vu naître.

Des indices biographiques se trouvent épars dans tous les livres, mais il existe deux recueils de souvenirs d’enfance : Tardifs instantanés (Gallimard, 1987), L’espace antérieur (Gallimard, 1993).

Comme j’étais intéressé quand il serrait un petit bout de bois dans l’étau pour le scier, mon père m’a acheté dans un magasin un établi à ma taille, en bois de hêtre, mais de celui-là je n’ai pas souvenir de m’être beaucoup servi, entre autres raisons parce qu’il était accompagné d’outils dérisoires, pour enfants, dont je voyais trop la nature factice. Je préférais le métal poli par l’usage des outils qui eux-mêmes semblaient en savoir long.
"L’espace antérieur"

Il s’agissait d’un énorme ragole, un arbre court, autrefois émondé, dont le bois avait éclaté, s’était ouvert, vidé du ventre, on pouvait y entrer à deux, mère et enfant. Les grosses et basses branches avaient été, par le temps, elles aussi vidées de leur cœur, puis elles étaient tombées, il en restait deux belles lucarnes cernées d’un manchon de bois raviné, très dur. Ma mère disait que si nous observions là, au crépuscule, nous allions peut-être voir quelque chose.
"Dormance"

Dans un pot de terre, un liquide à la fois si frais et sucré, doucement par-fumé, je le buvais dans l’ombre à même le cruchon, à genoux dans mon lit au-dessus du marbre de la petite commode qui était tout contre. Ma mère qui m’avait préparé cette boisson dormait, sans la réveiller, entouré par l’ombre de la chambre, petit nez dans le pot, je sentais se répandre en moi parce que j’y plongeais la fraîcheur des arbres.
" L’Espace antérieur
"

J’ai choisi de demeurer seul cet été. Vieilles comptabilités à achever, barbeyage des cours et jardins – cela revient à leur faire la barbe là où lierre, liserons, mauvaises herbes ou des branches tombantes envahissent trop – petits écrits à aiguiser, lecture dans un pliant de toile devant l’escalier du potager… il me semble que je commençais avec lenteur, pour ces deux mois, la calme ascension que doit être une fin de vie si l’on ne veut qu’elle soit chute. J’avais renoncé à deux voyages, tout comme à la présence des femmes qui me flattaient le corps de leurs projets un peu tendres.
" Nous sommes le sang de cette génisse "

Ouvrages publiés par Jean-Loup TRASSARD

• Sanzaki, Le Temps qu’il fait, 2008
• Amère la mer, Circa, 2007
• Le Voyageur à l’échelle, Le Temps qu’il fait, 2006
• Nuisibles, Le Temps qu’il fait, 2005
• Coutumes incertaines, Le Temps qu’il fait, 2005
• La déménagerie (roman), Paris, Gallimard, 2004
• La composition du jardin (textes et photographies), Cognac, Le temps qu’il fait, 2003
JPEG - 17.3 ko • Dormance (roman), Gallimard, 2000
• Les derniers paysans (photographies), Le temps qu’il fait, 2000
• Tumulus (photographies de J.Ph. Reverdot), Le Temps qu’il fait, 1996
• Nous sommes le sang de cette génisse (récits), Gallimard, 1995
• Objets de grande utilité (textes et photographies), Le temps qu’il fait, 1995
• Traquet motteux ou l’agronome sifflotant, Le temps qu’il fait, 1994
• Archéologie des feux (textes et photographies), Le temps qu’il fait, 1993
• L’espace antérieur (souvenirs), Gallimard, 1993
• Ouailles (textes et photographies), Le temps qu’il fait • Caloge (récits), Le temps qu’il fait, 1991
• Images de la terre russe (textes et photographies), Le temps qu’il fait, 1990
• Campagnes de Russie (voyage), Gallimard, 1989, 1992
• Territoire (textes et photographies), Le temps qu’il fait, 1989
• Tardifs instantanés (souvenirs), Gallimard, 1987
• Inventaire des outils à main dans une ferme (textes et photos), Le temps qu’il fait, 1981, 1995
• Des cours d’eau peu considérables (récits), Gallimard, 1981
• L’ancolie (nouvelles), Gallimard, 1975
• Paroles de laine (nouvelles) , Gallimard, 1969, 1989
• L’érosion intérieure (nouvelles), Gallimard, 1965
L’amitié des abeilles (nouvelles), Gallimard, 1961 puis Le temps qu’il fait, 1985


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